Les pièces administratives à fournir
Chaque pièce demandée, qui la délivre, combien de temps elle reste valable et comment éviter le rejet pour une attestation expirée.
Édition Mali : les règles affichées sont celles de ce pays.Changer de pays
Les pièces administratives ne disent rien de la qualité de votre travail. Elles servent à prouver que votre entreprise a le droit de contracter avec cet acheteur. Pourtant, une attestation expirée peut éliminer l'offre la moins chère du marché. Ce sont aussi les documents qui prennent le plus de temps à obtenir, car ils ne dépendent pas de vous. Il faut donc les préparer avant de voir l'avis, pas après.
Ce que ces pièces prouvent
Les noms varient d'un pays à l'autre, mais les pièces répondent presque toujours aux mêmes questions.
| Question de l'acheteur | Ce qui y répond d'ordinaire |
|---|---|
| Votre entreprise existe-t-elle légalement ? | L'immatriculation au registre du commerce (RCCM dans les pays de l'OHADA), les statuts, l'identifiant fiscal |
| Êtes-vous en règle avec l'État ? | L'attestation fiscale et l'attestation de la caisse de sécurité sociale |
| Êtes-vous solvable ? | L'attestation de non-faillite, parfois une attestation bancaire |
| Avez-vous le droit de concourir ? | L'attestation de non-exclusion des marchés publics, là où elle existe |
| Le signataire peut-il vous engager ? | Une pièce d'identité, les statuts ou un pouvoir signé |
Comment les commissions les vérifient
Une commission travaille avec une liste. Elle prend chaque pièce demandée par le dossier et regarde si elle est présente, si elle est en cours de validité à la bonne date, si elle est au nom exact de l'entreprise et si elle est sous la forme demandée. Elle ne cherche pas à être indulgente. Certains dossiers laissent un court délai pour compléter une pièce manquante, d'autres rejettent tout de suite. Ne comptez pas sur ce délai. Il arrive aussi qu'un dossier ne demande les pièces qu'à l'entreprise retenue, après le classement : si elle ne les fournit pas, elle perd le marché. Dans ce cas, elles doivent être prêtes à tout moment.
Les incohérences sont les premières à ressortir : une raison sociale différente d'une pièce à l'autre, une adresse ancienne, un gérant qui a changé sans que le registre ait été mis à jour. Vérifiez cela maintenant, pas la veille du dépôt.
Les pièces dans votre pays
Voici la liste habituelle dans votre pays, avec l'organisme qui délivre chaque pièce, la façon de l'obtenir et sa validité courante. Le dossier d'appel d'offres peut en demander d'autres ou dispenser de certaines. Comparez toujours les deux.
Extrait du registre du commerce (RCCM)
Presque toujours demandéeGreffe du Tribunal de Commerce / Guichet unique de l'API-Mali
Le RCCM est délivré par le greffe du tribunal de commerce du siège, ou via le guichet unique de l'API-Mali à la création. L'immatriculation est permanente, mais les DAO demandent en général un extrait récent. Vérifiez auprès du greffe la délivrance d'un extrait à jour.
Numéro d'identification fiscale (NIF)
Presque toujours demandéeDirection générale des impôts (DGI)
Le NIF est attribué par la DGI à l'immatriculation fiscale ; l'attestation d'immatriculation s'obtient auprès du service des impôts de rattachement. Elle est demandée dans tous les dossiers administratifs. Vérifiez que la dénomination correspond au RCCM.
Quitus fiscal
Presque toujours demandéeDirection générale des impôts (DGI)
Le quitus fiscal certifie que l'entreprise est à jour de ses obligations fiscales. La demande se fait auprès du service des impôts de rattachement, après dépôt de toutes les déclarations et paiement des impôts exigibles. Vérifiez la durée de validité portée sur le document.
Validité habituelle : 3 moisSite officielGuide détaillé
Attestation INPS
Presque toujours demandéeInstitut National de Prévoyance Sociale (INPS)
Elle atteste que l'entreprise est immatriculée et à jour de ses cotisations sociales. La demande se fait auprès de l'agence INPS de rattachement. Régularisez les cotisations en retard avant de la demander.
Validité habituelle : 3 moisSite officiel
Attestation de non-faillite
Presque toujours demandéeGreffe du Tribunal de Commerce
Elle est délivrée par le greffe du tribunal de commerce du ressort de l'entreprise sur présentation du RCCM. Elle certifie qu'aucune procédure collective n'est en cours. Les DAO exigent en général une attestation récente : vérifiez le délai demandé.
Validité habituelle : 3 moisGuide détaillé
La validité : la date qui compte
Lisez la date par rapport à l'échéance, pas par rapport à aujourd'hui. Une attestation valable aujourd'hui peut être expirée le jour du dépôt. Le dossier dit à quelle date elle doit être valable, le plus souvent la date limite de dépôt, et il peut imposer une ancienneté maximale : par exemple « datant de moins de » tant de mois, même si la pièce ne porte pas de date de fin. Si la date limite est reportée par un additif, refaites le calcul.
Originaux et copies certifiées. Le dossier précise ce qu'il accepte. Certaines pièces sont exigées en original, d'autres en copie certifiée conforme par une autorité habilitée. Une photocopie simple ne vaut pas une copie certifiée, et une copie certifiée trop ancienne peut être refusée si le dossier fixe une limite. Une offre avec un original et plusieurs copies suit la même logique : mettez les originaux dans l'exemplaire marqué ORIGINAL.
Les pièces qui prennent le plus de temps. Prévoyez plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Les causes habituelles sont les suivantes :
- L'attestation fiscale, si vous avez une déclaration en retard ou un solde à régler, car l'administration ne la délivrera qu'après régularisation.
- L'attestation sociale, pour la même raison, si vos salariés ne sont pas déclarés ou si les cotisations sont en retard.
- La non-faillite et les extraits judiciaires, qui passent par un greffe ou un tribunal parfois éloigné de votre ville.
- Toute mise à jour du registre de commerce : changement de gérant, d'adresse ou d'activité.
Un retard sur ces points ne se rattrape pas la dernière semaine. Payer ses impôts et ses cotisations à temps est donc une vraie préparation aux appels d'offres.
Garder ses pièces toujours prêtes
Faites-en une routine, pas une course :
Faites un inventaire
Pour chaque pièce, notez sa date de délivrance, sa date de fin de validité et la durée habituelle pour la renouveler.
Installez un calendrier
Prévoyez un rappel bien avant l'expiration, en tenant compte du délai de renouvellement. Tenez aussi une liste de ce qui demande un déplacement.
Gardez un jeu prêt
Conservez des scans lisibles et, dans un classeur, des copies certifiées récentes. Mettez à jour les statuts et le registre dès qu'un changement a lieu.
Si votre entreprise est étrangère
Une entreprise établie dans un autre pays n'a pas toujours le document portant ce nom. Elle fournit l'équivalent délivré par les autorités de son pays d'origine : extrait du registre, attestations fiscale et sociale. Si ce pays ne délivre pas une pièce, le dossier peut accepter une déclaration sous serment ou une attestation d'une autorité, mais vérifiez qu'il le prévoit. Regardez aussi la langue, car une traduction par un traducteur assermenté peut être demandée, ainsi que les exigences de légalisation. Comptez large : ces démarches passent parfois par une ambassade. Posez la question par écrit à l'acheteur si le dossier ne dit rien.
Si vous répondez dans un autre pays que le vôtre, regardez le guide de ce pays : les règles d'admission ne sont pas les mêmes partout.
Si vous répondez en groupement
En règle générale, chaque membre d'un groupement fournit ses propres pièces administratives. Il n'y a pas d'attestation partagée, et la lacune d'un membre peut emporter l'offre entière. Vous devez donc vérifier les pièces de votre partenaire comme les vôtres, et avant de vous engager. Le dossier demande aussi l'accord de groupement et le pouvoir donné au mandataire. Voir Groupement et sous-traitance.
Qui peut répondre
Les pièces prouvent votre admissibilité. Voici les règles qui la définissent dans votre pays :
- Sont exclus : les entreprises en faillite, liquidation, cessation d'activité ou redressement judiciaire (sauf poursuite autorisée par le juge) ; celles exclues par une décision de justice définitive ou par l'ARMDS ; les sociétés qui servent de façade à une personne exclue ; les dirigeants condamnés pour entente. Même règle pour les sous-traitants (art. 23).[6]
- Conflit d'intérêts : ne peuvent concourir les personnes qui partagent des intérêts financiers ou personnels avec les membres de l'autorité contractante, du contrôle ou de la commission, ni celles liées aux consultants qui ont préparé le dossier d'appel d'offres (art. 22).[6]
- Pièces éliminatoires minimales pour les travaux : garantie d'offre, agrément ou carte professionnelle, certificat de non-faillite, quitus fiscal, expériences similaires attestées (attestations de bonne exécution ou procès-verbaux de réception), personnel et matériel, justificatifs financiers (attestation bancaire de disponibilité de fonds, états financiers des trois dernières années certifiés par un expert-comptable ou comptable agréé, avec la mention des Impôts « conformes aux déclarations »). Fournitures et services courants : mêmes pièces, avec inscription au registre du commerce à la place de l'agrément. Prestations intellectuelles : registre du commerce, quitus fiscal, expériences, CV et disponibilité du personnel clé (arrêté, art. 4.2).[10]
- Le candidat retenu doit fournir sous 2 jours ouvrables ses statuts, sa carte d'identification fiscale et ses attestations de l'INPS (prévoyance sociale) et de l'OMH (Office malien de l'habitat) (arrêté, art. 4.3). Les entreprises sans premier bilan sont dispensées d'états financiers et de preuves d'expérience, mais doivent produire une attestation bancaire de disponibilité de fonds (art. 4.4).[10]
- Les micro-entreprises récentes qui n'ont pas de bilan n'ont à produire qu'un document de leur banque ou organisme financier. L'acheteur ne peut pas leur demander des références identiques au marché, mais doit tenir compte de celles justifiées par des diplômes (décret de 2018, art. 12.6).[11]
- Dans un appel d'offres international, les candidats sont dispensés des pièces fiscales et parafiscales, hormis la carte d'identification fiscale pour les nationaux. Un candidat étranger déclaré attributaire doit s'immatriculer auprès des services fiscaux et désigner un représentant au Mali (arrêté, art. 4.6).[10]
- L'offre doit contenir l'engagement de ne pas offrir d'avantage indu, de déclarer les intermédiaires rémunérés et de respecter les règles contre la corruption (art. 29). Des informations fausses ou manquantes sur les conditions de participation ou les capacités entraînent le rejet de l'offre (art. 30). Les documents et offres sont en français, seul le texte français faisant foi, sauf mention contraire de l'avis (art. 59).[6][7]
Et ensuite
Les pièces sont l'une des deux préparations à commencer tout de suite. L'autre est la caution : Cautions et garanties. Avant de déposer, passez la liste de Les erreurs qui éliminent.
À lire ensuite
- Cautions et garanties : soumission, bonne exécution, avance, retenueCe que chaque garantie couvre, qui peut l'émettre, combien de temps il faut pour l'obtenir, et les règles de votre pays.
- Les erreurs qui éliminent et la liste de contrôle avant dépôtLes causes de rejet les plus fréquentes, et la vérification à faire la veille du dépôt pour ne pas perdre une semaine de travail sur un détail.
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